virus ebola

Virus ebola.   Épidémie Ebola. Ebola en RDC : un nouveau cas diagnostiqué à Goma, grande ville de l'Est.

Virus EBOLA, risque de transmission par l'intermediare de l'alimentation. La maladie à virus Ébola est l’une des maladies virales les plus graves connues chez l’homme. Depuis le 1er août 2018, 1 800 personnes ont perdu la vie.  Le retour d’Ebola en RDC, la menace s’intensifie

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Le patient atteint d'Ebola à Goma, en RD Congo, est décédé

Le premier cas de fièvre Ebola enregistré à Goma, en République démocratique du Congo, est décédé. La crainte d’une propagation rapide est dans tous les esprits de cette ville densément peuplée.

Le premier cas de fièvre hémorragique Ebola enregistré à Goma, plus grande ville touchée par l'actuelle épidémie dans l'est de la République démocratique du Congo, est décédé lors de son transfert vers l'agglomération de Butembo, a indiqué mardi 16 juillet une source officielle.

"Malheureusement je peux vous confirmer la mort du patient en cours de route en allant à Butembo", un des foyers de l'épidémie, a déclaré à la presse le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Carly Nzanz.  L'irruption d'Ebola à Goma, une ville d'un million d'habitants qui est une véritable ville-carrefour dans la région des Grands Lacs, était redouté par les autorités congolaises et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). "Goma est un avertissement", a déclaré lundi à Genève le responsable des situations d'urgence de l'OMS, Mike Ryan. "C'est un avertissement parce que chaque fois que la maladie se déplace, elle peut s'établir ailleurs", a-t-il déclaré à l'AFP. 

La ville se trouve en effet à la frontière du Rwanda, avec un port d'où les bateaux partent pour Bukavu et le Sud-Kivu, et un aéroport avec des vols civils ou onusiens à destination de Kinshasa, Entebbe et Addis Abeba. Le Rwanda a d'ailleurs demandé lundi à ses ressortissants d'éviter tout voyage dans l'est de la RDC.

"Goma, c’est une grande ville, où les gens se déplacent beaucoup, beaucoup de gens traversent les frontières en partant de Goma. Alors évidemment ce premier cas est super inquiétant", confirme Gwen Eamer, du service des urgences médicales de la Croix-Rouge, contactée par France 24. "Avec la Croix-Rouge, on est sur le terrain, on avait déjà prévu cette situation. Là, il nous faut attendre 21 jours pour voir s'il y a eu transmission à partir de ce cas-là", poursuit-elle.

Le gouverneur a demandé à la population de Goma de "suivre les conditions hygiéniques" : "Si à Goma, on se comporte très bien, on accompagne l'équipe de la riposte, il y aura plus de peur que de mal."

Appels au calme

En RD Congo, les autorités multiplient les mesures de préventions et les appels au calme. Les équipes chargées de répondre à l'épidémie ont identifié 60 contacts du pasteur évangélique qui est tombé malade à Goma et ils ont vacciné la moitié d'entre eux, selon l'OMS. L'autre moitié devrait être vaccinée dans les prochaines 24 heures, a souligné Mike Ryan.  Cette épidémie, qui a fait 1 666 morts, était jusqu'à présent cantonnée dans le Nord-Kivu, dans les zones de Beni-Butembo, depuis qu'elle a été officiellement déclarée le 1er août dernier près de Beni.  "Ce cas confirmé d'Ebola à Goma montre que la situation demeure inquiétante et que l'épidémie n'est toujours pas sous contrôle", a commenté Médecins Sans frontière (MSF) qui a cessé ses interventions à Beni-Butembo en raison de l'insécurité.

L'insécurité a d'ailleurs encore frappé à Beni où deux notables locaux, enrôlés dans des actions de prévention, ont été assassinés dans la nuit de samedi à dimanche.  L'intervention des responsables communautaires est destinée à lever les résistances des populations contre la vaccination, l'hospitalisation et des modes d'enterrement qui évitent les contacts avec les fluides contagieux des défunts.

Cette épidémie est la deuxième épidémie Ebola la plus importante de l'histoire après celle qui a tué près de 11 000 personnes en Afrique de l'Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone) en 2013-2014.

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Un an après le retour d’Ebola en RDC, la menace s’intensifie

Quatre cas ont été diagnostiqués à Goma, la capitale du Nord-Kivu. Depuis le 1er août 2018, 1 800 personnes ont perdu la vie. Les attaques de groupes armés et la défiance d’une partie de la population freinent les activités de la structure chargée de la lutte contre l’épidémie.

Jusque-là, Goma, la capitale du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ne se sentait pas vraiment concernée par le virus Ebola. Il semblait lointain, confiné aux zones septentrionales de la province et à l’Ituri, plus au nord. Là, plus de 1 800 personnes infectées par la maladie ont perdu la vie depuis le déclenchement officiel de la dixième épidémie d’Ebola sur le territoire congolais, il y a juste un an, le 1er août 2018. La plus grave et la plus difficile à combattre, qui avait miraculeusement épargné Goma.

Depuis le 14 juillet et le diagnostic positif d’un premier malade, l’angoisse est montée d’un cran dans cette ville frontalière du Rwanda. Le malade est mort. Puis un deuxième cas a été signalé deux semaines plus tard, un homme de 46 ans venu de la zone aurifère de Mongbwalu, à 600 km au nord de Goma. D’abord pris en charge à Bunia, la capitale provinciale de l’Ituri, selon les autorités congolaises, il s’est évadé du centre de soins et a rejoint par la route les rives du lac Kivu, à Goma.

Une histoire banale, qui illustre la mobilité des populations dans cette région densément peuplée, la défiance à l’égard de la maladie et du dispositif de soins, de même que le risque très élevé de contamination au cours  d’un périple. Lui aussi est mort, mercredi 31 juillet, juste avant que l’on apprenne le diagnostic d’un troisième cas à Goma, en l’occurrence sa fille. Le lendemain, c’est son épouse qui a été testée positive au virus. Le même jour, le Rwanda a fermé durant huit heures sa frontière avec la RDC, qui a regretté une décision « unilatérale » de Kigali.

Un an après le retour du virus en RDC, la situation épidémiologique semble incontrôlable, malgré l’importante mobilisation de la communauté internationale. Les épicentres se sont déplacés du Nord-Kivu vers l’Ituri, puis se sont multipliés, comme par scissiparité, dessinant plusieurs fronts dans une « guerre » partie pour durer.

Urgence sanitaire mondiale

« Il est temps que le monde entier prenne note de la situation et redouble d’efforts », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette agence des Nations unies (ONU), qui coordonne la Riposte, la structure de coordination de la lutte contre Ebola, en appui des autorités congolaises, a fini par décréter, le 17 juillet, l’état d’urgence sanitaire mondiale.

« Cette épidémie est toujours à son paroxysme, y compris là où elle a démarré en août 2018. Il n’y a jamais eu autant de patients dans le centre de traitement d’Ebola de la ville de Beni que ces dernières semaines », constate Augustin Augier, directeur général de l’ONG Alima.

A Beni, ville du Nord-Kivu traumatisée par des massacres de civils depuis 2014, la situation sécuritaire reste préoccupante, ce qui freine les activités de la Riposte, suspendues à plusieurs reprises à cause des quelque 200 attaques de groupes armés recensées par l’OMS. L’agence de santé elle-même a perdu un médecin épidémiologiste, tué à bout portant en avril, à Butembo, cité commerçante à 60 km au sud. « Le défi le plus important est de parvenir à éviter toute interruption de la Riposte par des attaques des groupes armés », insiste David Gressly, coordinateur de l’ONU pour la réponse d’urgence à Ebola.

A cela s’ajoute la défiance d’une partie des populations, qui perçoit la Riposte comme un instrument du pouvoir politique contesté de Kinshasa. Au déclenchement de l’épidémie, les équipes dépêchées par le ministère congolais de la santé et l’OMS ont fait l’erreur de privilégier les élus locaux plutôt que les structures communautaires et la société civile, l’élite politique plutôt que les chefferies coutumières, souvent plus influentes.

Une nouvelle stratégie

« La majorité de la population soutient la Riposte, mais cette dernière a donné l’impression d’être politisée, explique Rachel Sweet, chercheuse à l’université Harvard. Ce qui a été un obstacle majeur et a favorisé des instrumentalisations de la part de politiciens locaux, la propagation de rumeurs et d’incitations à la violence. »

La Riposte a fait une autre erreur : snober les centres de santé publics et privés, souvent dans des états déplorables, mais tenus à bout de bras par du personnel issu des communautés. D’autant qu’une grande partie des contaminations s’y déroule, car les malades préfèrent ces dispensaires locaux aux centres de traitement d’Ebola effrayants. « Il nous semble important de démontrer que la riposte Ebola permet de renforcer les centres de santé existants et non de les affaiblir en favorisant un système parallèle pour les malades d’Ebola », explique-t-on chez Médecins sans frontières (MSF), qui milite pour la gratuité des soins.

Face à un bilan mitigé du dispositif de lutte contre Ebola menée par le ministère de la santé, le nouveau président, Félix Tshisekedi, a adopté une nouvelle stratégie visant, entre autres, à gagner les cœurs des Congolais. Le chef de l’Etat a confié la direction de la Riposte à un comité d’experts mené par le professeur Jean-Jacques Muyembe Tamfum. Ce scientifique congolais de réputation mondiale, qui a codécouvert le virus Ebola en 1976, a pris le risque de déclarer son ambition de venir à bout de cette épidémie en « trois à quatre mois ».

Désavoué, le ministre congolais de la santé, Oly Ilunga, a démissionné le 22 juillet et a affirmé avoir subi des « pressions de toutes parts ». M. Ilunga révèle notamment « des tentatives d’introduction illégale » du vaccin expérimental mis au point par un laboratoire belge, filiale du groupe américain Johnson & Johnson, qui dément fermement ces accusations. « Ce vaccin que nous n’imposons pas, mais que nous proposons, est en cours d’utilisation en Guinée et au Liberia, mais aussi à Mbarara, en Ouganda », a précisé M. Muyembe Tamfum. De son côté, le Groupe stratégique consultatif d’experts de l’OMS a préconisé son introduction.

Une gestion des fonds tortueuse

Pour l’instant, seul le vaccin, lui aussi expérimental, développé par le géant pharmaceutique américain Merck est utilisé. Toutefois, plusieurs acteurs de terrain dénoncent des quantités insuffisantes et une gestion opaque des réserves de doses par l’OMS. « On constate un manque de transparence par rapport à la quantité de vaccins disponibles en RDC et déployables sur le terrain, en plus de ce qui reste en stock mondial », souligne Ghassan Abou-Chaar, responsable adjoint de la cellule d’urgence de MSF.

Il en va de même pour la gestion des fonds, dont une partie demeure tortueuse. Et ce, malgré des audits de la Banque mondiale, l’un des principaux soutiens financiers, pointant quelques anomalies. « Des fonds ont été bloqués par l’OMS et le ministère congolais de la santé. Certaines ONG agissant sur le terrain ont eu un mal fou à en bénéficier », confie un acteur de la Riposte. Toutefois, la Banque mondiale a récemment annoncé l’octroi de 300 millions de dollars (271 millions d’euros), sous forme de dons et de prêts. Ce qui correspond au montant réclamé par l’OMS et Kinshasa pour cette nouvelle phase de lutte contre Ebola. Soit le triple du budget alloué jusque-là.

Une manière d’alerter derechef sur cette « urgence » mondiale, qui indiffère une bonne partie du monde, inquiète toute l’Afrique des Grands Lacs et continue de tuer, aux confins d’une région traumatisée par des décennies de violence.

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Ebola en RDC: crainte d'une aggravation de l'épidémie après la mort d'un deuxième malade à Goma

Un troisième patient a été testé positif au virus d'Ebola mercredi à Goma en République du Congo. Plus de 1800 personnes sont mortes depuis le début de l'épidémie.

Un deuxième malade d'Ebola est mort à Goma, grande ville de l'est de la République démocratique du Congo, et un troisième patient y a été testé positif au virus ce mercredi, suscitant l'inquiétude des populations de la région face à une épidémie qui défie les professionnels de santé depuis un an.

    Dans la province voisine du Sud-Kivu, quinze personnes ont été mises en quarantaine dans une localité riveraine du lac Kivu. C'est la première fois que des cas suspects d'Ebola ont été recensés dans cette province.

"Le malade confirmé d'Ebola à Goma est décédé, toutes les mesures pour couper la chaîne de contamination sont déjà prises", a déclaré à l'AFP Jean-Jacques Muyembe, le nouveau responsable nommé par la présidence congolaise pour coordonner la riposte contre l'épidémie.

Ce malade était arrivé au centre de traitement "au 11e jour de sa maladie, c'était vraiment sans espoir car la maladie était déjà à un degré très avancé. Il est donc décédé dans la nuit de mardi à mercredi", a indiqué de son côté le Dr Aruna Abedi, coordonnateur de la riposte contre Ebola dans la province du Nord-Kivu.

"Nous demandons à la population de ne pas cacher les cas suspects"

"Nous demandons à la population de ne pas cacher les cas suspects. Le centre de traitement n'est pas un mouroir, il faut amener le malade à temps", a-t-il insisté .

Le Dr Aruna Abedi a également annoncé qu'un troisième cas de la maladie à virus avait été détecté mercredi à Goma, grand centre urbain de l'est du pays, seize jours après un premier cas et un an après la déclaration de l'épidémie de fièvre hémorragique dans les régions rurales du Nord-Kivu et d'Ituri, dans l'est de la RDC.

"Ce troisième cas confirmé est la fillette, âgée d'une année, de ce père de dix enfants atteint d'Ebola et décédé aujourd'hui (mercredi) au CTE de Kiziba", a déclaré à l'AFP un responsable de la riposte qui a souhaité rester anonyme.

Ville d'un à deux millions d'habitants, Goma est située sur le bord du lac Kivu et à la frontière avec le Rwanda. L'angoisse a gagné les habitants après l'annonce du deuxième décès dû à Ebola.

"J'ai maintenant peur que cette maladie nous atteigne tous. Nous entendions parler de ça de loin et maintenant le virus est dans notre ville", s'est désolée une ouvrière de 27 ans, Anuarite Sifa.

Depuis la déclaration de l'épidémie le 1er août 2018, aucun cas n'a été enregistré dans la capitale congolaise, Kinshasa, qui se situe à deux heures d'avion des principaux foyers d'infection.

1803 morts depuis début juillet

La maladie a jusqu'à présent été relativement circonscrite mais l'apparition de cas dans une ville comme Goma renforce la menace d'une propagation de l'épidémie déjà responsable de 1803 morts, selon les derniers chiffres publiés mercredi par les autorités. 

Mercredi avant midi, cinq bateaux en provenance de Goma ont été immobilisés dans le port de Bukavu, de l'autre côté du lac Kivu, provoquant l'inquiétude dans cette autre ville de l'est de la RDC. 

Un canot rapide avec à son bord du personnel médical et des représentants de la mairie est allé à la rencontre des bateaux immobilisés à quelques mètres du quai d'accostage pour un contrôle des manifestes, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Qu'allons-nous faire si Ebola arrive ici où il n'y a ni infrastructures sanitaires appropriées, ni une annonce de vaccination pour la prévention ?", se demandait un père de famille, Léonard Malekera. "La rentrée scolaire c'est pour bientôt, si la maladie atteint Bukavu, ça sera une catastrophe".

L'inquiétude gagne les villes voisines

"A Bukavu, il n'y a pas de cas d'Ebola, la population ne doit pas paniquer mais doit se conformer aux normes hygiéniques en attendant le contrôle qui s'effectue dans les bateaux qui viennent de Goma", ont déclaré les autorités provinciales dans un communiqué.

Plusieurs rotations de bateaux, certains transportant jusqu'à 500 passagers ainsi que des marchandises relient chaque jour Goma et Bukavu (un million et demi d'habitants).

"La psychose qui gagne Bukavu est fondée au vu des échanges commerciaux entre Bukavu et Goma à travers le lac Kivu", estime Jean-Chrysostome Kijana, président de la Société civile du Sud-Kivu qui appelle les autorités à prendre les choses "au sérieux".

"Les services aux ports ne doivent pas être complaisants dans l'élaboration et le contrôle des manifestes" des embarcations, d'autant que des passagers descendent habituellement au cours du trajet, a-t-il ajouté.

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Ebola en RDC : un nouveau cas diagnostiqué à Goma, grande ville de l'Est

L'épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans l'est de la RDC est "la plus grave jamais enregistrée dans le monde, après celle de 2014 en Afrique de l'Ouest", avait déclaré un porte-parole à la mi-juillet dernier.

Les responsables sanitaires congolais ont annoncé mardi avoir enregistré un nouveau cas de la maladie à virus Ebola à Goma, grande ville de l'Est de la République démocratique du Congo, à la frontière avec le Rwanda, après un premier cas diagnostiqué mi-juillet.

"Je viens d'être informé d'un cas de la maladie à virus Ebola à Goma", a déclaré le Dr Aruna Abedi, coordonnateur de la riposte contre Ebola dans la province du Nord-Kivu, dont Goma est la capitale. "C'est un monsieur qui serait venu de Mongbwalu et qui était suivi à Bunia (Ituri). Il a fui nos équipes de riposte et se retrouve à Goma", a-il précisé.

Le premier cas découvert le 14 juillet

Ce cas est le deuxième enregistré dans cette ville d'environ deux millions d'habitants, depuis la déclaration de l'épidémie dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri le 1er août 2018. Le premier cas avait été découvert le 14 juillet. Dans un communiqué officiel parvenu à l'AFP, signé par le professeur et expert congolais Jean-Jacques Muyembe, il est noté : "Nos équipes de la riposte viennent de détecter et isoler  un deuxième cas ce 30 juillet 2019, et a priori sans lien avec le premier cas". 

Des contrôles sanitaires renforcés

Selon ce document, le malade "est arrivé à Goma depuis le 13 juillet 2019 en provenance d'une zone minière dans la province de l'Ituri, sans signes de maladie; et a développé les premiers signes le 22 juillet 2019".

"Le malade est actuellement au centre de traitement Ebola de Goma pour sa prise en charge", ajoute ce communiqué signé conjointement par le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Nzanzu Kasivita Carly.

Les deux responsables congolais ont appelé la population à collaborer avec les équipes de la riposte et assuré aux "pays voisins que toutes les mesures sont prises pour renforcer la surveillance aux points d'entrée et de contrôle sanitaire". La dixième épidémie d'Ebola en RDC touche les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri où elle a tué 1.790 personnes, selon les derniers chiffres publiés mardi.

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RDC: l’épidémie Ebola reprend du terrain à Beni

Le quartier de Kanzuli fait partie des aires de santé les plus touchées. 42 cas ont été recensés dans une période de moins de 21 jours. Et les équipes de la riposte multiplient des séances de recherches des cas notamment auprès des centres de santé locaux.

L’alerte vient de tomber. Les investigateurs se mettent en action, direction quartier Kanzuli. Dans ce petit poste de santé, l’infirmier titulaire était là quand cette dame présentant des symptômes de la maladie à virus Ebola était arrivée. « Nous avons d'abord donné les premiers soins, selon les signes et les symptômes qu'elle présentait. »

L’équipe, trois personnes, un médecin sénior, un investigateur et une communicatrice entrent dans la pièce où se trouve la patiente et échangent avec elle. À part la prise en charge médicale, un laborieux travail de recherche va commencer, explique un investigateur. « Comme elle dit que c'est une femme de pasteur, est-ce que pendant cette période, il partait à l'église ou à la prière ? Si les cas sont positifs, on a déjà une idée d'ensemble pour faire des actions de santé. »   Face à la méfiance de la communauté vis-à-vis de la riposte, la recherche active auprès de petites structures sanitaires comme celles-ci est parmi les stratégies les plus efficaces pour parvenir aux cas suspects. Cependant toutes les structures ne sont pas si coopératives. « Si l'équipe de la recherche active n'est pas très forte, les cas peuvent faire de quatre à cinq jours. »  À cela s’ajoutent des problèmes de formation pour certaines structures sanitaires qui ne suivent pas tout le protocole officiel, au moins cinq parmi elles ont déjà été fermées.

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Centrafrique: l'épidémie d'Ebola en RDC inquiète les autorités

La République centrafricaine n'est "pas préparée" à affronter une propagation de l'épidémie d'Ebola qui sévit actuellement dans le pays voisin, la République démocratique du Congo, a déclaré jeudi le ministre de la santé, Pierre Somsé.

A ce jour, aucun cas d'Ebola n'a cependant été enregistré en République centrafricaine. Mais dans les préfectures du sud-est du pays, voisines des provinces congolaises du Kivu touchées par l'épidémie, "les échanges économiques et humains sont très intenses", a souligné le ministre. "Nos éleveurs vendent leur bétail en RDC. Les groupes rebelles et les braconniers vont et viennent de part et d'autre de la frontière. Les risques sont élevés". Les districts frontaliers sont particulièrement difficiles d'accès en raison de leur isolement et de la présence des groupes armés.

Seuls 13 points d'entrée sont équipés pour contrôler les voyageurs à la frontière avec la République démocratique du Congo, longue de près de 2.000 km. Le gouvernement prévoit d'en installer une cinquantaine. Les moyens de transports, les kits de dépistage et les équipements de protection individuelle sont en nombre insuffisants, selon le ministère.

L'épidémie, qui frappe l'est de la RDC et dure depuis août 2018, a provoqué la mort de plus de 1.700 personnes, un nombre qui augmente de jour en jour.

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Ebola fait toujours rage en RDC, un an après le début de l'épidémie

Organisation mondiale de la santé a décrété que l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo constituait une « urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). »

« Il est temps que le monde entier prenne note de la situation et redouble d’efforts, » déclarait le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Nous devons œuvrer ensemble en solidarité avec la RDC pour mettre fin à cette flambée et bâtir un meilleur système de santé. Depuis près d’un an, un travail extraordinaire a été accompli dans des conditions extrêmement difficiles. Nous devons à ces intervenants, non seulement de l’OMS mais aussi des gouvernements, des partenaires et des communautés, d’assumer une plus grande part du fardeau. »

Cette déclaration fait suite à une réunion du Comité d’urgence du Règlement sanitaire international (RSI) qui s’est tenue à Genève autour du virus Ebola en RDC. Au cours de cette réunion, la quatrième depuis que l’épidémie a été déclarée en août 2018, le comité a mentionné le premier cas confirmé de maladie à virus Ebola dans la ville de Goma où résident près de 2 millions de personnes près de la frontière avec le Rwanda.

Le comité d’urgence a fait part de sa frustration vis-à-vis du délai d’attribution des financements qui a eu un impact négatif sur le temps de réponse des organismes de santé. Il a également souligné l’importance de maintenir ouvertes les voies de transport et les frontières. Depuis sa déclaration l’année dernière, la flambée a été classée par l’OMS comme une situation d’urgence de niveau 3, le niveau le plus élevé.

« Il est important que le monde entier suive ces recommandations. Il est également crucial que les États n’utilisent pas l’USPPI comme un prétexte pour imposer des restrictions au commerce ou aux voyages, lesquelles auraient un impact négatif sur la riposte et sur la vie et les moyens de subsistance des populations de la région, » a déclaré le Professeur Robert Steffen, Président du Comité d’urgence.

Une flambée épidémique sévère a touché les provinces du nord-est de la RDC, elle a contaminé 2 512 personnes et en a tué 1 676 depuis la déclaration de l’épidémie en août dernier, selon les chiffres communiqués par l’OMS, en dépit des moyens déployés comme les équipes médicales spécialisées, un vaccin efficace et de nouveaux traitements testés dans la région.

La flambée est déjà la seconde plus importante jamais enregistrée, juste derrière l’épidémie qui avait éclaté en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 au cours de laquelle 11 300 personnes avaient trouvé la mort. Dans sa forme la plus extrême, la fièvre hémorragique virale provoque des saignements incontrôlables puis la mort.

Dans cette épidémie, le virus semble affecter un nombre anormalement élevé d’enfants et tuer une grande partie des personnes contaminées avant même qu’elles n’aient sollicité ou reçu un traitement dans les centres Ebola pourvus en personnel humanitaire local et international. Le personnel chargé de suivre la propagation de la maladie identifie de nouveaux cas sans aucun lien évident avec les patients précédents, ce qui amène les spécialistes de la santé à adopter une vision pessimiste quant à la fin de l’épidémie.

Les efforts fournis pour contenir le virus ont été entravés par le parcours de la flambée qui s’est propagée dans des régions fortement marquées par la méfiance envers les étrangers et donc par une forte hésitation à solliciter un traitement. De même, les conflits politiques et la violence qui tourmentent la région, notamment les assauts explicitement dirigés contre les secours Ebola, compliquent la tâche du personnel humanitaire souhaitant enrayer l’épidémie.

« Je ne suis pas du tout optimiste en ce qui concerne la mise sous contrôle de l’épidémie à court ou moyen terme. Toutes les données indiquent une flambée étendue, » déclare Lawrence Gostin de l’université de Georgetown, directeur du centre collaborateur de l’OMS sur le droit international de la santé. « Avec le manque de confiance que l’on rencontre actuellement et la violence explosive, sans aucun plan pour surmonter ces obstacles, le nombre de cas ne fera qu’augmenter avec une transmission potentielle à échelle régionale ou mondiale. »

Plus la mise en place d’un traitement prend du retard, plus le virus est dangereux car il est plus susceptible de se propager et de tuer, indique Natalie Roberts, coordinatrice des opérations d’urgence pour Médecins sans frontières (MSF).

« Le traitement n’est efficace que dans un certain laps de temps. Si l’on attend trop, le patient mourra et la population accordera de moins en moins sa confiance » au traitement, poursuit Roberts. « Comme toute autre maladie, plus elle s’aggrave, moins le traitement aura de chances de porter ses fruits. »

VIRUS ET VIOLENCE

Les prémices de cette flambée sont apparues l’été dernier avec l'identification de quelques cas dans le nord-est de la République démocratique du Congo. C’est la dixième fois qu’Ebola sévit dans ce pays et, comme auparavant, le virus s’est propagé depuis un réservoir naturel qui n’a toujours pas été identifié à ce jour. Ebola tire son nom du fleuve congolais où il est apparu pour la première fois en 1976, il appartient à la famille des filovirus en raison de sa forme de filament. Il s’introduit dans les cellules, se réplique et détruit les connexions entre les tissus, ce qui provoque la défaillance des organes et la rupture des vaisseaux sanguins. En bref, le corps se désagrège de l’intérieur.

Cependant, la transmission du virus Ebola ne se fait pas facilement : le virus passe d’un humain à l’autre via les fluides corporels et les tissus infectés, mais son introduction dans un second hôte requiert un passage par une lésion cutanée ou une muqueuse comme les yeux ou le nez.

« Ebola n’est pas le virus le plus infectieux au monde, » souligne Roberts. « C’est une maladie létale et son taux de mortalité est élevé mais il n’est pas si infectieux que ça. »

Pourtant, au cours des dix derniers mois, les premiers cas ont donné lieu à une grave flambée épidémique. À la suite de cela, la RDC s’est résignée à reporter une élection présidentielle dans trois régions affectées et les organismes comme MSF, l’OMS et le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont déplacé leurs équipes d’intervention plus au nord, dans les provinces de Nord-Kivu et d’Ituri.

Les efforts fournis pour enrayer l’épidémie ont également été obstrués par la réticence des populations locales à solliciter l’aide étrangère, un phénomène en partie dû à la méfiance de longue date envers les autorités dans une région déchirée par les conflits civils. Dans certaines villes, les résidents sont même allés jusqu’à perpétrer des attaques à l’encontre des établissements de traitement et de diagnostic Ebola, comme le montre le récent incendie criminel du centre MSF qui a intégralement ravagé l’infrastructure et contraint l’organisme à évacuer temporairement les équipes de secours. Le personnel humanitaire regagne depuis la zone au compte-goutte.

« Ce dernier mois, nous avons intensifié le déploiement sur place des équipes du CDC, » nous informe Inger Damon, co-directrice de la riposte Ebola. « Étant donné l’impossibilité d’introduire nos équipes dans les zones les plus touchées, nous concentrons nos efforts sur la collaboration avec les équipes sur le terrain afin de surveiller étroitement les données recueillies dans le but d’identifier les espaces où notre intervention peut apporter une aide supplémentaire. »

UN VACCIN PROMETTEUR

Le personnel sanitaire n’est pas totalement désarmé face à la situation. En plus des quatre traitements différents actuellement testés sur le terrain, les équipes peuvent compter sur une arme redoutable : le vaccin rVSV-ZEBOV, mis au point par des scientifiques canadiens au début du 21e siècle et utilisé pour la première fois en Guinée en 2015. Il se compose d’un virus animal modifié pour transporter une protéine Ebola non-létale qui permet au système immunitaire humain d’organiser une défense préventive.

Ce vaccin n’a toutefois pas encore reçu l’approbation de la Food and Drug Administration des États-Unis, il est actuellement mis librement à disposition par son fabricant, Merck, et distribué suivant un programme d’usage compassionnel.

En date du 7 mai, plus de 111 000 personnes avaient été vaccinées. Selon l’OMS, la plupart d’entre elles sont des contacts primaires ou secondaires des patients Ebola, par exemple les agents de santé ou les membres de la famille pour qui la probabilité d’être contaminés est importante. Ces individus sont identifiés grâce à la recherche des contacts, un protocole utilisé pour suivre la transmission d’une maladie et, dans l’idéal, stopper sa propagation. Roberts nous explique que l’idée derrière cette procédure est de créer un cercle de personnes vaccinées autour d’un patient puis d’un créer un autre autour de ces contacts de premier ordre.

« Le premier cercle de contacts n’est pas systématiquement protégé car il est possible que ces personnes aient déjà contracté la maladie avant que le cas d’Ebola ne soit confirmé, » poursuit-elle. « Mais si l’on parvient à vacciner leurs contacts, alors on devrait être en mesure d’empêcher leur contamination et ainsi stopper l’épidémie. »

À ce jour, l’OMS indique que le vaccin rVSV-ZEBOV-GP s’est montré hautement efficace, plus particulièrement lorsqu’il est administré à un stade précoce. Aucun décès n’a été signalé chez les personnes ayant montré des symptômes de la maladie à virus Ebola plus de dix jours après la vaccination. De même, le taux général de mortalité est plus faible chez les individus vaccinés, et ce, sans distinction de date à laquelle la maladie est apparue.

Dans ce cas, avec un vaccin extrêmement efficace en main et de plus amples ressources en route, pourquoi l’épidémie est-elle toujours hors de contrôle ?

« Sur le papier, la stratégie semble bonne et théoriquement nous comprenons pourquoi elle devrait fonctionner mais en pratique, ce qui nous inquiète actuellement c’est le degré de faisabilité, » explique Roberts. « Nous avons en effet un vaccin efficace mais il ne suffit pas à contrôler l’épidémie. »

TRAQUER LE VIRUS

Roberts et Damon évoquent toutes deux les mêmes raisons qui empêchent de mettre un terme à l’épidémie.

Tout d’abord, les résidents du nord-est de la RDC sont très mobiles et la région possède plusieurs centaines de prestataires de soins allant des cliniques privées aux pharmacies en passant par les guérisseurs traditionnels. De nombreuses maladies comme la rougeole et la malaria ont des symptômes initiaux similaires au virus Ebola, l’identification précoce de la maladie peut donc se révéler problématique. À l’heure actuelle, la maladie ne peut être diagnostiquée que dans les centres spécialisés, ce qui rend difficile l’isolement rapide des patients et le démarrage précoce du traitement.

« Nous constatons que bon nombre de cas ultérieurement attribués au virus Ebola passent par un ou deux centres de santé avant d’être identifiés, » déclare Damon.

En chemin, ces patients entrent en contact avec plusieurs agents de santé mais également avec d’autres patients, puis en contact plus rapproché avec les docteurs, les soignants et autres ; il arrive donc qu’ils propagent sans le savoir le virus. Ce type de transmission virale survenant dans les établissements de santé, connue sous le nom d’infection nosocomiale, est particulièrement prédominant chez les enfants, ajoute Roberts.

« Ils sont reçus dans une infrastructure de santé pour un autre problème médical et finissent par partager un lit ou même des équipements, » poursuit-elle. « Il y a plus d’enfants atteints de la maladie à virus Ebola que nous ne le pensons. »

Le temps qu’Ebola soit diagnostiqué, il est parfois trop tard pour que les traitements fassent une différence. Autre fait alarmant, Damon signale que de nombreuses personnes meurent chez elle plutôt que dans des centres de traitement Ebola, ce qui suggère qu’elles ne sollicitent ou n’acceptent pas de traitement suffisamment tôt, voire même jamais. Ces décès au niveau communautaire compliquent encore plus l’isolement des patients contaminés, la recherche des contacts et le déploiement efficace des vaccins.

« Ces dernières semaines, nous avons été navrés de constater que plus de 30 % des décès survenaient dans la communauté, » s’attriste Damon. « Il y a un laps de temps plus long pendant lequel il existe un risque accru de transmission pour les personnes ayant pris soin de ces individus avant leur mort. »

DE NOUVELLES STRATÉGIES

Atténuer le nombre grandissant de victimes du virus Ebola exigera plusieurs changements dans les méthodes de travail employées par les équipes sur le terrain.

Damon affirme qu’être plus attentif à la façon dont ces équipes interagissent avec les communautés locales est crucial. Elle ajoute que les scientifiques du comportement dépêchés par le CDC étudient actuellement différentes méthodes de communication afin d’élire celle qui permettra de transmettre au mieux l’information aux communautés locales. L’objectif, résume-t-elle, est d’instaurer un terrain propice à la confiance et à la compréhension.

« Il est difficile de déterminer quels seront les messagers efficaces, de les identifier puis de les former et de les amener à mieux cerner la maladie et le programme d’intervention, » explique-t-elle.

Dans les régions de la RDC où les actions humanitaires ont réussi à s’accorder avec les structures communautaires établies et leurs attentes, « nous avons pu mettre un terme à certaines flambées épidémiques, » rapporte Tarik Jasarevic, porte-parole de l’OMS. Les équipes de cette organisation s’efforcent au quotidien de créer des liens avec les communautés dans le cadre de leur intervention face à la maladie, elles recueillent des informations sur leurs préoccupations, leurs critiques, leurs convictions et leurs remarques tout en essayant d’accéder aux zones hostiles. Ainsi, poursuit Jasarevic, la grande majorité des personnes éligibles à la vaccination acceptent d’être vaccinées et un pourcentage élevé des familles procède à des enterrements dignes et sans danger dans des régions où les funérailles constituent habituellement un point chaud pour la transmission de la maladie.

Cependant, Roberts évoque un autre facteur, plus systémique cette fois, dont la modification pourrait s’avérer bénéfique : la centralisation des infrastructures Ebola. Elle pense que si les fournisseurs locaux de soins de santé étaient en mesure de diagnostiquer Ebola, les résultats seraient plus probants. Les patients pourraient recevoir plus rapidement leur traitement et ils n’auraient pas à se déplacer aussi loin. De la même façon, les équipes pourraient vacciner leurs contacts avant que la maladie ne se propage davantage.

« Je pense réellement que si nous pouvions diagnostiquer les patients plus près de chez eux, l’impact serait énorme, » conclut-elle. « Nous pourrions déployer plus facilement les vaccins. Nous pourrions également reprendre rapidement le contrôle de l’épidémie… Pour le moment, nous ne sommes pas en mesure de suivre la chaîne de transmission, nous ne savons pas vraiment où apparaîtra le prochain cas. »

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Ebola, une nouvelle épidémie sera inévitable , mais le monde sera mieux préparé.

Le monde n'est pas à l'abri d'une nouvelle épidémie d'Ebola mais il y sera "mieux préparé", a affirmé jeudi à Conakry la directrice générale de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Margaret Chan, en visite en Guinée.  La Guinée fait partie, avec le Liberia et la Sierra Leone, des trois pays sévèrement affectés par Ebola en Afrique de l'Ouest entre fin 2013 et 2016.

L'épidémie a été déclarée terminée dans la région en juin 2016, après avoir causé plus de 11.300 morts sur quelque 29.000 cas recensés, à plus de 99% dans ces trois pays. Ce bilan, sous-évalué de l'aveu même de l'OMS, est sept fois supérieur en nombre de morts à celui cumulé de toutes les flambées d'Ebola depuis l'identification du virus en Afrique centrale en 1976.  Durant l'épidémie, l'OMS a été critiquée pour son manque de discernement sur la gravité de la crise, en ayant perdu des mois avant de déclarer la guerre à Ebola.

"Les scientifiques ne savent pas encore avec exactitude où, dans la nature, le virus Ebola se cache entre deux flambées, mais presque tous les experts conviennent qu'une nouvelle épidémie est inévitable", a déclaré la directrice générale de l'OMS, Dr Margaret Chan, lors d'une réunion d'un jour consacrée aux vaccins anti-Ebola.  Cependant, "lorsque cela se produira, le monde sera beaucoup mieux préparé" à y faire face, a précisé Dr Chan, en présence du président guinéen Alpha Condé, de la responsable de l'OMS Afrique, Dr Matshidiso Moeti, ainsi que d'experts et autorités sanitaires, dont des délégations venues du Liberia et de la Sierra Leone.

Selon la directrice générale de l'OMS, l'espoir d'une meilleure réaction face à une éventuelle nouvelle épidémie se fonde sur les "mesures de contrôle établies" comme la mise en quarantaine ou en isolement, auxquelles s'ajoute la "nouvelle approche pour le contrôle d'Ebola (qu'est) la vaccination en anneaux" ou en ceinture.  Cette méthode consiste à vacciner des cercles ou groupes de gens en contact avec un malade, d'abord des proches, puis des sujets qui ont été en contacts avec eux et ainsi de suite. Elle a été utilisée pour éradiquer la variole. "La stratégie peut avoir un impact significatif, même si les stocks de vaccins sont dans un premier temps limités", a ajouté Margaret Chan.  En décembre, l'OMS a annoncé qu'un premier vaccin - sur une quinzaine en cours de développement aux Etats-Unis, en Europe, en Russie et en Chine - était "efficace jusqu'à 100%" contre le virus Ebola.

Il s'agit du rVSV-ZEBOV, développé par l'agence de santé publique du Canada grâce à des financements divers. Des essais ont été conduits notamment en Guinée.

Le président Alpha Condé a exhorté à un partage des connaissances par "les chercheurs des pays industrialisés et des grandes institutions financières à travers le monde". "Il est temps que le continent africain bénéficie du transfert de technologies de pointe notamment dans le domaine des sciences biomédicales", a-t-il dit.  Le ministre guinéen de la Santé, Abdourahmane Diallo, s'est également déclaré optimiste pour la lutte contre Ebola, en raison de la mobilisation constatée durant la crise et des recherches concernant "des maladies contagieuses à potentiel épidémique".  M. Diallo a appelé à "accroître les capacités en recherche et développement en Afrique" et "la vaccination en ceinture dans les treize pays à risque de flambée d'Ebola" en Afrique.  Selon un responsable de l'OMS à Conakry, ces pays comprennent la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, mais aussi la République démocratique du Congo, où le virus a été identifié pour la première fois, et le Gabon, entre autres pays d'Afrique centrale.

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Face au dévastateur virus Ebola, en fait-on assez ?

Le professeur Yves Buisson tire les leçons de l’épidémie d’Ebola et rappelle que beaucoup d’efforts restent à faire pour disposer de vaccins contre les virus Zika, Chikungunya.

Et il n’y a pas que les arboviroses (viroses transmises par arthropodes), fièvre jaune, dengue, Chikungunya ou Zika qui posent problème: le 8 août 2014, devant l’ampleur de l’épidémie apparue fin 2013 en Guinée, puis au Liberia et en Sierra Leone, l’OMS déclarait la fièvre Ebola «urgence de santé publique de portée mondiale». L’épidémie dépassait en effet par son ampleur et sa durée tous les épisodes antérieurs, justifiant cette alerte internationale.

C’est face au virus Ebola que le manque de vaccin s’est révélé le plus tragique. À la différence des arbovirus, il n’est pas transmis par des moustiques mais par contact direct avec un malade, ses sécrétions, ou des objets contaminés. À partir d’un cas initial, typiquement un chasseur contaminé auprès d’un singe infecté (chimpanzé ou gorille), l’infection se propage par contact avec les malades ou avec les cadavres lors de la toilette funéraire rituelle.

Il faut rendre hommage à l’ensemble du personnel soignant, local et international, qui a réussi à juguler l’épidémie, souvent au péril de sa vie.

Après 2 à 21 jours, la maladie débute soudainement par une fièvre avec fatigue intense, maux de tête et douleurs musculaires. Puis apparaissent vomissements et diarrhée, une éruption cutanée, des symptômes d’insuffisance hépatique et rénale et des hémorragies.

Depuis la première émergence du virus en 1976, les épidémies d’Ebola restaient focalisées dans des zones forestières d’Afrique équatoriale et ne duraient que quelques semaines. Malgré un taux de létalité élevé, le nombre de décès ne dépassait généralement pas quelques dizaines. L’épisode qui a frappé l’Afrique de l’Ouest en 2014-2016, avec 28. 616 cas notifiés, et 11.310 morts dont 528 soignants, a été d’une ampleur sans précédent. Des cas de transmission à distance par des voyageurs infectés sont apparus dans des pays voisins (Nigeria, Sénégal, Mali) et lointains (Espagne, États-Unis).

Le virus responsable, Ebola de l’espèce Zaïre (ZEBOV), portait une mutation qui augmentait son pouvoir infectieux, donc sa transmission. Il faut rendre hommage à l’ensemble du personnel soignant, local et international, qui a réussi à juguler l’épidémie, souvent au péril de sa vie. Par ailleurs, des cas de transmission hétérosexuelle ont été prouvés, révélant que le virus Ebola peut persister dans le sperme pendant de nombreux mois après la guérison. L’OMS recommande aux hommes guéris de s’abstenir de relations sexuelles non protégées pendant un an.

Encore beaucoup d’efforts à faire

Très vite cependant, devant l’ampleur de l’épidémie, des équipes de recherche se sont mobilisées pour accélérer la mise au point d’un vaccin. Seul, le vaccin chimère rVSV-ZEBOV des laboratoires Merck, utilisant le virus de la stomatite vésiculaire comme vecteur, a pu être évalué en Guinée dès avril 2015. L’étude, conduite par l’OMS avec l’aide des instituts de la santé norvégien et canadien et de nombreuses ONG dont Médecins sans frontières, a été basée sur le principe de la «vaccination en anneaux»: pour chaque nouveau cas de fièvre Ebola, on vaccine les personnes qui ont été en contact avec le malade et celles qui ont été en contact avec elles: ici, une moitié du groupe était vaccinée immédiatement, l’autre moitié 3 semaines plus tard. En juillet 2015, aucun cas d’Ebola n’avait été détecté chez les 4 123 personnes vaccinées sans délai alors qu’on en dénombrait 16 chez les 3 528 vaccinées après 3 semaines de délai. Devant ces résultants probants, il fut décidé de vacciner sans délai tous les sujets contacts et contacts de contacts, ce qui a probablement hâté la fin de l’épidémie. Malheureusement, l’évaluation de l’efficacité du vaccin rVSV-ZEBOV n’était pas terminée. Les autorités de santé devraient toutefois reconnaître son efficacité protectrice, évidente sur l’animal, et autoriser sa mise sur le marché d’ici à 2018.

Si la mise sur le marché d’un premier vaccin contre la dengue représente une avancée remarquable, il reste encore beaucoup d’efforts à faire pour disposer de vaccins contre les virus Zika, Chikungunya et Ebola, afin d’être à même de pouvoir lutter efficacement contre leurs futures réémergences.

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Virus Ebola

Le virus Ebola a fait au moins 11.315 morts pour 28.637 cas recensés pendant l'épidémie de 2013-2015, selon l'OMS.

Provoquant fièvre, vomissements et diarrhées intenses, le virus Ebola, contre lequel un vaccin efficace, selon l'OMS, vient d'être mis au point, a fait plus de 11.000 morts en deux ans (2013-2015) et suscité la peur au niveau mondial en raison de sa dangerosité.

- COMBIEN DE VICTIMES ?

Partie du sud de la Guinée en décembre 2013, l'épidémie de "maladie à virus Ebola" a fait au moins 11.315 morts pour 28.637 cas recensés, selon l'OMS. Les victimes se sont concentrées à plus de 99% dans trois pays voisins : Guinée (plus de 2.500 morts), Sierra Leone (plus de 3.900 morts) et Liberia (plus de 4.800 décès), des bilans sous-évalués selon l'OMS.

L'OMS a annoncé officiellement en janvier 2016 la fin de l'épidémie en Afrique de l'Ouest, avec l'arrêt de la transmission au Liberia. De nouveaux cas mortels ont toutefois été identifiés depuis, comme en mars en Guinée.

- D’OÙ VIENT LE VIRUS ?

Progression du virus Ebola dans l'organisme en sept étapes ( AFP / John Saeki/Adrian Leung )

Historiquement Ebola s'est d'abord manifesté en Afrique centrale. Ce virus de la famille des filoviridae (filovirus) doit son nom à une rivière du nord de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre) où il a été identifié pour la première fois en 1976.

Cinq types distincts de virus Ebola ont depuis été répertoriés : Zaïre, Soudan, Bundibugyo, Reston, Forêt de Taï. Le virus à l'origine de l'épidémie en Afrique de l'Ouest est de l'espèce Zaïre.

- COMMENT SE TRANSMET-IL ?

Le virus circule parmi les chauve-souris mangeuses de fruits, considérées comme l'hôte naturel d'Ebola, dont elles ne développent pas la maladie. D'autres mammifères comme les grands singes, les antilopes ou les porcs-épics peuvent le véhiculer puis le transmettre à l'homme.

Lors d'une épidémie, Ebola se transmet entre humains par contacts directs et étroits. Une personne saine est contaminée par les "fluides corporels" d'une personne malade : sang, vomissures, matières fécales, etc.

Contrairement à la grippe, ce virus ne peut se transmettre par voie aérienne. Aussi Ebola est-il moins contagieux que de nombreuses autres maladies virales. Mais ce virus est redoutable en raison de son "taux de létalité" très élevé : il tue en moyenne la moitié des personnes qu'il atteint, selon l'OMS.

- QUELS SYMPTÔMES ?

Après une période d'incubation de 2 à 21 jours (en moyenne autour de cinq jours), Ebola se manifeste par une brusque fièvre, avec une faiblesse intense, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête et maux de gorge.

- QUELLES SÉQUELLES ?

Des séquelles ont été fréquemment observées chez les survivants : arthrite, problèmes de vue, inflammation de l’œil et troubles de l'audition.

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Commentaires (1)

1. Stanislas Kamengele (site web) 02/09/2014

Nous sommes certains que le Virus EBOLA est plus inquiétant même que le Virus de SIDA. Il vient à peine d'annoncer ses griffes et tous les pays du Monde en font déjà preuve d'inquiétude.
Nous restons persuader que le Virus fera rage dans les zones rurales de l'Afrique car n'ayant pas ou accède rarement aux services modernes de prévention et de lutte contre les épidemies.
Les pauvres paysans pourront en souffrir et prétextant une autre fièvre et les personnels traintant ruraux non aussi informés assisteront passvement à la propagation du Virus Ebola dans les zones rurales.
Qui pourra nous prouver que le virus ne fait encore pas son travail dans les régions où le thérmomètre approprié n'est pas encore?

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